Déléguer à l'IA conversationnelle sans perdre son agentivité: un numéro du CRIRES


Déléguer à l'IA conversationnelle sans perdre son agentivité : un numéro du CRIRES

My alt textLa Revue internationale du CRIRES, Innover dans la tradition de Vygotsky, vient de publier son numéro 9(1), « L'IA (LLMs) en éducation : de l'assistance à la coopération, quelles délégations souhaitables ? ». C'est le résultat d'une collaboration franco-québécoise débutée en 2025 au sein du groupe de travail 2IFPER, issu des activités entre le réseau PÉRISCOPE et le GIS2IF. Six contributions et un éditorial y explorent ce thème et, de manière surprenante, convergent vers une même question, tout en l’abordant sous des angles résolument différents : que devient l'agentivité humaine lorsque l'apprentissage se fait en dialogue avec une intelligence artificielle conversationnelle (IAc) ?

Le numéro porte aussi la trace d'un collègue, Éric Bruillard, qui est décédé avant le bouclage mais qui a co-conçu ce projet et est aussi à l’origine de la collecte d’un ensemble de situations d’interaction avec l’IA conversationnelle, soit une trentaine de narrations issues de France et du Québec sur des interactions avec l’IAc.  Dans son dernier texte, il s'interroge sur la tension entre instrument et compagnon pour l'IA générative, contribuant à saisir une question d'actualité brûlante en 2026, celle des risques des IA-compagnons pour les jeunes.

Deux articles du numéro font référence, de manière analytique, à ces narrations. Georges-Louis Baron et Thérèse Laferrière y distinguent les situations où l'humain garde le rôle de premier violon de celles où la délégation devient assujettissante plutôt qu’émancipatrice. Béatrice Drot-Delange s’appuie sur des concepts issus de la psychologie du sport et de l’expertise, à savoir quatre registres d’activité et six « sensibilités à », qui expliquent pourquoi une même interaction peut être vécue par deux personnes de façon radicalement différente.

Didier Paquelin et son équipe présentent une enquête auprès de plusieurs milliers de personnes étudiantes au niveau universitaire qui révèle de fortes disparités d'usage selon les facultés et dégage quatre profils d'usagers. Amira Zguira, Linda St-Pierre et Thérèse Laferrière documentent, quant à elles, la fabrication d'un instrument concret : PÉRO, un robot conversationnel fondé sur une architecture RAG, alimenté par le corpus des publications du réseau PÉRISCOPE et conçu dès le départ en mode codesign pour soutenir plutôt que remplacer le jugement professionnel des personnes utilisatrices.

Mélanie Tremblay et Sophie Nadeau-Tremblay prolongent la réflexion en se penchant sur la formation des personnes enseignantes, à partir de deux cas québécois : un cours de didactique de l'algèbre et une activité de coélaboration des connaissances au primaire avec le robot conversationnel CollaBOT, qui montrent que l'agentivité se construit dans l'activité même, et non par la seule maîtrise technique.

En bref, l’émergence du concept d’agentivité comme fil conducteur ressort, tout comme la continuité et la richesse d'une collaboration franco-québécoise qui remonte à plusieurs décennies d'échanges entre chercheur·es des deux côtés de l'Atlantique sur les usages du numérique pour apprendre.

Suivre ce lien pour accéder à ce numéro thématique.

Déclaration COcréaRéussite_CoRoCo

Déclaration issue de la charrette de codesign tenue conjointement les 20 et 21 mai par PÉRISCOPE et CRIRES, sur le thème  « De la conformité à la créativité pour l'avenir de la réussite scolaire et éducative au Québec », disponible à ce lien.


Lancement du volume-synthèse : Le projet de loi no 23: Résistance de la recherche en éducation

Premier lancement lors du colloque du CRIFPE 2026 de ce volume-synthèse le 7 mai.
Deuxième lancement le 13 mai lors du colloque PÉRISCOPE qui se tiendra dans le cadre du congrès de l'ACFAS.
Un extrait est disponible sous ce lien.
La version de base, qui fait 400 pages et à laquelle une centaine de chercheur·es des universités francophones du Québec ont participé, est disponible sous ce lien.


SCOPE_4 : Participation de l'élève dans la classe: Littératie au service de la participation et de l'émancipation

Le réseau PÉRISCOPE publie son quatrième SCOPE, consacré à la capacité d'inférer et à la littératie — deux piliers fondamentaux de la réussite scolaire, du préscolaire jusqu'à la fin du secondaire. Ce document met l'accent sur la compétence à « lire entre les lignes », qui structure non seulement la compréhension des textes, mais aussi l'apprentissage du code écrit lui-même. Il rappelle que cela ne s'acquiert pas spontanément, mais qu'il faut stimuler activement cette compétence tout au long du parcours scolaire. C'est encore plus nécessaire à l'ère de l'intelligence artificielle générative. Ce SCOPE propose des pistes d'action concrètes pour le préscolaire, le primaire et le secondaire, ancrées dans les savoirs expérientiels, professionnels et scientifiques qui caractérisent la démarche de PÉRISCOPE. Il est également accompagné de ressources documentaires et accessible via PÉRO, le robot conversationnel du réseau. Suivre ce lien.


L'ex-président de la Fédération des commissions scolaires se prononce sur l'héritage des années Legault

Selon un bilan critique publié dans Le Devoir, l’héritage des années Legault en matière de « réussite éducative » tient moins à des gains d’apprentissage qu’à une réforme de la gouvernance et à une centralisation du réseau. La loi 40 a réduit les contre-pouvoirs (fin des commissions scolaires élues) et l’État a accru son contrôle sur le discours des centres de services qui ont remplacé les commissions scolaires. Le Conseil supérieur de l’éducation a été aboli, remplacé par l'INEE. Le texte reproche aussi l’absence d’action structurante en matière d’équité, l’« école à trois vitesses », la composition des classes, l’épuisement des personnes enseignantes et l’échec du déploiement à grande échelle des maternelles de 4 ans. Accessible à ce lien.