Cette rencontre constituait le 36e panel tenu par PÉRISCOPE concernant les problèmes persistants ou récents en persévérance et en réussite scolaires et l’identification de pistes de solutions. Ce 6e panel de la Série 6 fut l’occasion d’aborder l’engagement de l’élève dans ses apprentissages. Il a permis de revenir brièvement sur les SCOPEs déjà parus qui synthétisent les travaux de recherche pour les milieux de pratique et notamment sur un projet mené en partenariat et traitant du thème de l’engagement de l’élève dans ses apprentissages.
Les personnes qui ont participé au 6e panel de cette 6e série étaient les suivantes : Catherine Joyal-Caron, enseignante et Geneviève Audet, directrice adjointe; Séverine Parent (UQAR); Marie-Claude Nicole, Linda St-Pierre et Alain Fortier, membres d’ICI-PRS (Infrastructure d’Information, Coopération/Collaboration/ Coordination et Intégration) ainsi que Thérèse Laferrière (Université Laval), chercheure principale du Réseau PÉRISCOPE qui s’est chargée de l’animation du panel.
L’engagement et ses manifestations
Le cadre conceptuel présenté dans le SCOPE 2 propose une compréhension renouvelée du concept d’engagement avec six « nucleus » d’activités interdépendants qui constituent des manifestations de l’engagement de l’élève tant dans ses apprentissages en classe que dans la vie scolaire en général. Dans une perspective « micro », il y a l'attention portée par l’élève au discours de l'enseignant, son interaction avec l’objet d’apprentissage et celle avec ses pairs lors d’un travail effectué en classe. Dans une perspective plus « macro » dépassant le cadre de la classe, il est question de la fréquentation scolaire de l’élève, de son apport à la dynamique d’un groupe afin de maintenir un climat de collaboration respectueux et productif et de sa contribution à la communauté au-delà de la classe lors de projets collectifs.
L’engagement ne se réduit pas à une simple participation active. Pour Catherine Joyal-Caron, la vision de l’engagement présentée dans le SCOPE portant sur ce thème est à développer dans le milieu. Elle note que la relation adulte-élève joue un rôle clé dans l’engagement de l’élève dans ses apprentissages. Pour sa part, Geneviève Audet mentionne que l’engagement des élèves et des adultes est parfois ébranlé et qu’une réflexion collective est à mener comme société concernant les valeurs liées à l’éducation en général.
En suivi au projet d’actualisation du plein potentiel de l’élève dont un volet portait sur l’engagement
· Ce qui reste du projet
Le panel met en lumière une réalité actuelle du terrain qui permet difficilement d’assurer la continuité de tels projets malgré la pertinence des outils développés (roulement de personnel incluant à la direction, temps manquant, ressources limitées, etc.).
Catherine Joyal-Caron indique que c’est la première année qu’elle et une collègue de son école, toutes deux membres du comité du projet éducatif, ont parlé du projet vécu et des outils disponibles. Pour sa part, Geneviève Audet mentionne qu’une personne intervenante qui ne participe pas à la réflexion lors d’un projet a généralement de la difficulté à voir l'utilité du « produit fini ».
· Des défis à relever
Pour que l'engagement des élèves progresse, il faut s’assurer que le personnel bénéficie de conditions propices à son propre engagement. Les personnes doivent pouvoir se retrouver dans un « mode mental » propice à la réflexion. Geneviève Audet considère que les écoles sont trop souvent en mode réaction à une situation plutôt qu'en action préventive. Le temps, qui est crucial, fait souvent défaut. Alain Fortier souligne que la conjoncture semble contraignante pour les initiatives dans les milieux.
Séverine Parent rappelle que la recherche a aidé au développement lors du projet mais que le cycle n’a pu être vécu au complet avec notamment une expérimentation des outils développés. Un projet de recherche porté par la direction comme une priorité institutionnelle et faisant l’objet d’une réflexion collective a davantage la possibilité de s’implanter durablement.
Pistes d’actions
Catherine Joyal-Caron considère que l’engagement est lié à la capacité d’introspection de la personne intervenante et que la clé réside dans des pratiques différenciées (ex. classe en plein air, enseignement sans cahier, etc.). La possibilité de se former et d’être accompagnée font partie des conditions gagnantes pour ce faire.
De même, Geneviève Audet indique que les périodes « MOI » (Miser, Oser, Investir) mises en place dans son école secondaire permettent de sortir du cadre académique pour travailler autre chose avec l’élève (ex. enseigner des méthodes de travail) et constituent une piste de solution.
Pour Alain Fortier, trouver un défi à la mesure de chacun permet de nourrir l’engagement.
En conclusion
Thérèse Laferrière rappelle que l’engagement est au cœur de la réussite. C’est un défi collectif québécois de conserver notre capacité de susciter l’engagement des élèves de différentes façons.
Voici la bande-annonce du panel :